Origine : ?
Année de l'arrangement : 2000


 

La blanche biche


  Celles qui vont au bois,
c'est la mère et la fille.
bis

 

2.
La mère va chantant
et la fille soupire :

 

3.
« Qu' av'vous à soupirer,
ma fille Marguerite ?

 

4.
— J'ai bien grand ire en moi,
et n'ose vous le dire :

 

5.
Je suis fille le jour
et la nuit blanche biche.

 

6.
La chasse est après moi,
les barons et les princes,

 

7.
Et mon frère Renaud
qui est encore bien pire.

 

8.
Allez, ma mère, allez
bien promptement lui dire

 

9.
Qu'il arrête ses chiens
jusqu'à demain ressie*.

 

10.
— Où sont tes chiens, Renaud,
et ta chasse gentille ?

 

11.
— Ils sont dedans le bois
à courre blanche biche.

 

12.
— Arrête-les Renaud,
arrête, je t'en prie! »

 

13.
Trois fois les a cornés
O** son cornet de cuivre;

 

14.
A la troisième fois,
la blanche biche est prise :

 

15.
« Mandons le dépouilleur,
qu'il dépouille la biche.»

 

16.
Celui qui la dépouille
dit : « Je ne sais que dire :

 

17.
Elle a les cheveux blonds
et le sein d'une fille. »

 

18.
A tiré son couteau,
en quartiers il l'a mise.

 

19.
En ont fait un dîner
au baron et aux princes :

 

20.
« Nous voici tous illec***,
faut ma sœur Marguerite.

 

21.
— Vous n'avez qu'à manger,
suis la première assise :

 

22.
Ma tête est dans le plat
et mon cœur aux chevilles,

 

23.
Mon sang est répandu
par toute la cuisine,

 

24.
Et sur vos noirs charbons,
mes pauvres os y grillent. »


source : Henri Davenson, "Le livre des chansons…" page 196

* sieste de midi
** avec
*** ici

"A été retrouvée dans une zone allant de la Vendée à la Normandie orientale."
(Davenson)

Cette mélodie se trouve à l'identique dans : Tiersot, Mélodie populaires des provinces de France, fasc. 4 page 68
ayant pour titre : Sur le pont d'Avignon et un texte compètement différent (chanson de noce).

Cette mélodie également se retrouve aussi dans un Noël du Haut-Limousin : "Il n'y a pas longtemps" n° 1441 page 73

 

Voir une autre version de ce chant :

La blanche biche (2) (Lorraine) n° 1093 page 55