Origine : Nivernais
Année de l'arrangement : 2000


 

La belle barbière


Dans Paris y a une barbière
qui est belle comme le jour ;
C'étaient trois jeunes gentilshommes
qui voulaient lui faire l'amour.

2.
Ils se disent les uns aux autres :
« Las ! Comment lui parlerons-nous ?
— Il faut lui donner une aubade
demain matin, au point du jour. »

3.
Aussitôt l'aubade jouée,
la barbière ouvre ses yeux doux ;
Elle met la tête à la fenêtre :
« beaux messieurs, que demandez-vous ?

4.
— Bien le bonjour, belle barbière,
la barbe nous la feriez-vous ?
— Oui-dà, je l'ai faite au roi d'Espagne,
qui valait bien autant que vous.

5.
Entrez, entrez, mes gentilshommes,
mes rasoirs sont tout prêts pour vous. »
Si elle appelle une servante :
« Marguerite, allons, levez-vous !

6.
Apportez-moi mon beau plat d'ore
et mes rasoirs qui sont autour,
Aussi ma jolie serviette
qui est pliée au pli d'amour. »

7.
Le premier que rase la Belle,
trois fois a changé de couleur.
« Sont-ce mes rasoirs qui vous blessent ?
Monsieur, que ne le dites-vous !

8.
— Ce ne sont pas vos rasoirs, Belle,
c'est que je songe à vos amours.
— Ah ! mes amours, mes amourettes,
Monsieur, elles ne sont pas pour vous :

9.
Elles sont embarquées sur la Saône,
qui vont la nuit comme le jour. »
---------lacune---------

 

Autres conclusions :


Mon amour est dans les îles,
peut-être reviendra-t-il un jour ;
Le marinier qui l'a-t-en gage
est habillé d'un vert velours :
Si le navire a fait naufrage,
or adieu mes tendres amours !

source : Henri Davenson - Le livre des chansons…, page 313

 

Voir d'autres versions de ce chant :

Dans Paris, il y a une barbière (mont Lozère) n° 1740 page 87

La barbière (Basse-Normandie) n° 2650 page 133

Autre version

A Trent'moult, la grande ville,
Où c'qu'y a des maisons blanches,
On dit qu'il y a une barbière,
Qui est plus belle que le jour,

Puisqu'on dit qu'elle est si belle,
Nous irons la voir un jour.
Nous partirons sur les minuit-eu
Pour arriver au point du jour.

Quand je fus devant sa porte,
Trois petits coups, je frappais.
La bell' barbière, à sa fenêtre,
Me dit : Jeune homme que voulez vous ?

— Je veux qu'on me fasse la barbe.
La barbe noire, la faites-vous ?
— Entrez, entrez, joli jeune homme,
Dans un instant, je suis à vous.

Elle appela la servante,
— Marguerite, êt's-vous là ?
Apportez-moi mon bassin d'or-re
Et ma serviett' remplie d'amour.

Pendant qu'ell' m'faisait la barbe,
Trois petits coups, je pâlis
— Qu'avez-vous donc, joli jeune homme,
A changer si souvent d'couleur ?

C'est-y l'rasoir qui vous blesse ?
Pourquoi me le dites-vous pas ?
— Non, non, non, non, jolie barbière,
Ce sont vos yeux remplis d'amour.

Mes amours, mes amourettes,
Ne sont pas ici pour vous.
Ell's sont sur un navire en mer,
Qui reviendra dans quelques jours.