Origine : Franche-Comté (Pontarlier)
Année de l'arrangement : 2006


 

Pardonnez-moi, mon aimable Sylvie


Pardonnez-moi, mon aimable Sylvie,
Pardonnez mes chants indiscrets :
Si je vous chante des folies
C'est pour dissiper vos regrets.
Je m'aperçois qu'entre vous-autres
Il y a bien des cœurs en chagrin.
Hélas, vous en verrez bien d'autres,
Vous prenez le triste chemin.

 

2.
Vous embrassez le mariage,
Le plus dur de tous les états.
Sylvie, lorsque vous étiez fille
La joie faisait tous vos appâts;
Mais à présent que vous êtes femme :
Quel changement dans votre sort,
L'on n'y reconnaît plus vos charmes,
Le mariage vous a fait tort.

 

3.
Oh oui, dis-je, le mariage
C'est une mer qui est en courroux
Où l'on craint de faire naufrage,
Surtout quand le vent n'est pas doux.
Mais pour prévenir cet orage
Rendez votre mari content,
Restez seule dans votre ménage,
N'ayez plus que lui comme amant.

 

4.
— Faut-il que dans ce mariage
J'y sois captive et renfermée,
Veut-on m'y faire l'oiseau en cage,
M'y ôter toute liberté ?
— Oh oui, madame, vous êtes femme.
Dites adieu à toute gaité,
Et refermez dedans votre âme
Tous les plaisirs du temps passé.


Source : Jean Garneret - Chansons populaires comtoises, t. 2 page 480